COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Entendre les revendications des lycéens et porter une réelle ambition éducative

Mobilisation du 6 octobre – La Ligue de l’enseignement soutient les revendications lycéennes.  

Leur expression vient de toutes parts, des centres urbains, des quartiers populaires, des territoires ruraux. Elle témoigne d’un malaise profond face à la dégradation réelle des conditions d’étude des lycéens : bâtiments inadaptés au changement climatique, vétustes, parfois insalubres, classes surchargées, professeurs non remplacés, manque de personnels médico-sociaux, incertitudes liées à l’orientation, inégalités, injustices. L’inquiétude exprimée est d’autant plus profonde qu’elle est nourrie des crises sociale, écologique et démocratique qui pèsent lourdement sur l’avenir de notre jeunesse. Ce que nous disent les jeunesses de ce pays, aujourd’hui doit nous mobiliser collectivement. Nous avons le devoir de les entendre. Au cœur de l’Éducation populaire, La Ligue de l’enseignement considère l’expression, la participation et l’émancipation des jeunes comme une exigence démocratique.

Nous condamnons sans ambiguïté toutes les violences, quelles qu’en soient les formes, et les auteurs. Nous nous alarmons de l’augmentation ces dernières années, des actes violents dont sont victimes les enseignants dans le cadre de leurs missions professionnelles. Et nous considérons, aussi, que la République ne peut répondre à la mobilisation de la jeunesse par la seule logique du maintien de l’ordre, y compris, bien des images et des témoignages le montrent, de façon terriblement disproportionnée face à des enfants. Ce n’est pas acceptable.

Face à une crise démocratique préoccupante, La Ligue de l’enseignement réaffirme que la République doit tenir ses promesses. Elle doit, par une volonté politique forte, garantir pour chacune et chacun l’égalité devant l’éducation, faire le choix de l’école publique, en reconnaître et soutenir les enseignants, favoriser avec les collectivités la réhabilitation d’établissements qui devraient accueillir les élèves et leurs encadrants dans des conditions dignes, redonner aux jeunes, sur le temps long, et au-delà des mesures récentes annoncées en ce sens, des espaces réels de participation et de pouvoir d’agir, et les ouvrir à une forme de confiance dans l’avenir. Nous avons le devoir d’écouter ce que nous disent les jeunes et surtout de leur garantir un meilleur avenir. Sans cela, c’est bien toute la République qui en sort abimée.

Paris, le 5 octobre 2026